Trois AOC bourguignonnes révisent leur cahier des charges
Meursault, Blagny et Saint-Bris ont révisé leur cahier des charges en juin 2026 : traitement à l'eau chaude, arrachage et nouvelle densité de plantation.
Trois appellations, une même vague de révisions
Le cahier des charges de trois AOC de Bourgogne — Meursault, Blagny et Saint-Bris — a été révisé au cours du même mois de juin 2026. Meursault a fait l'objet d'un décret du 4 juin 2026, publié le 7 juin, tandis que Blagny et Saint-Bris ont chacune fait l'objet d'un décret du 8 juin 2026, publié le 11 juin. Ces trois textes, distincts mais publiés à quelques jours d'intervalle, modifient des pratiques viticoles pour répondre à une même pression sanitaire et climatique : la progression de la flavescence dorée, une maladie de la vigne transmise par un insecte vecteur, et l'adaptation du vignoble aux épisodes de sécheresse. Le comité interprofessionnel des vins de Bourgogne (CAVB) a accompagné ces démarches, portées par les syndicats de chacune des trois appellations.
Le traitement à l'eau chaude remplace les produits phytosanitaires
Les trois cahiers des charges introduisent un point commun : le traitement à l'eau chaude devient, pour les nouvelles plantations, le seul traitement autorisé du matériel végétal avant mise en terre, en remplacement des produits phytosanitaires classiques. Les autres dispositions communes ou proches portent sur :
- l'arrachage obligatoire des ceps atteints par la flavescence dorée, à Meursault et à Blagny
- l'introduction de cépages accessoires, dans une proportion précisée par chaque cahier des charges
- l'adoption du traitement à l'eau chaude du matériel végétal comme seul traitement autorisé
- des règles de taille et de conduite de la vigne ajustées à Saint-Bris
Des ajustements propres à chaque appellation
Chaque appellation conserve des dispositions qui lui sont propres. À Meursault et à Blagny, la densité de plantation minimale peut désormais être abaissée à titre expérimental jusqu'à 5 000 pieds par hectare, un seuil nettement inférieur aux standards habituellement appliqués dans le vignoble bourguignon, sans que le cahier des charges ne précise de seuil de comparaison chiffré. À Saint-Bris, la révision porte sur les règles de taille, avec l'autorisation du double Guyot, et sur l'écartement entre les rangs pour les parcelles plantées avant octobre 2009, une clause qui vise à ne pas pénaliser les vignes les plus anciennes de l'appellation. Ces ajustements confirment que les trois textes, bien que publiés le même mois, ne relèvent pas d'un cahier des charges commun mais d'une même dynamique de révision engagée séparément par chaque appellation.
Une décision ministérielle, sur proposition de l'INAO
Ces trois cahiers des charges ont été homologués par décret du ministère de l'Agriculture, sur proposition du comité national compétent de l'Institut national de l'origine et de la qualité, qui instruit les demandes déposées par les organismes de défense et de gestion de chaque appellation. Le comité interprofessionnel des vins de Bourgogne a suivi ces trois dossiers et en a communiqué les grandes lignes aux vignerons concernés par les appellations de la Côte de Beaune, pour Meursault et Blagny, et du vignoble auxerrois, pour Saint-Bris. Les nouvelles règles s'appliquent aux opérateurs habilités de chacune des trois appellations dès la publication des décrets, sans période de transition distincte annoncée dans les textes consultés.
Ce qui n'est pas encore engagé ailleurs
Le mouvement engagé sur ces trois appellations n'a pas, à ce stade, été annoncé pour les autres AOC du même bassin viticole bourguignon. Aucune communication du CAVB ni de l'INAO ne mentionne, à la date de publication de cet article, une extension programmée du traitement à l'eau chaude ou de la densité de plantation expérimentale à d'autres appellations de la Côte de Beaune ou de l'Yonne. La révision reste, pour l'instant, circonscrite aux trois cahiers des charges homologués en juin 2026.

